|
Les cinq lieux incontournables d'Eric Rolland
- La plage de l'Aber, pour le site, mais surtout ses énormes
télines (poulic en breton !!!), qui me ramènent à
ma Camargue natale.
- L'Abbaye de Daoulas (hors de la presqu'île), pour le site, ses
jardins, l'architecture et la qualité exceptionnelle des expositions
thématiques (documentaire, scénographie, lumière...)
sur des peuplades minoritaires.
- Le village du Fret, embarcadère pour Brest, palourdes et huitres
sauvages et pêche à la tarlutte (hameçon à calamar).
- Visite obligatoire à Camaret, viviers à langouste, très
belle chapelle et parfois le bateau de Jean-Louis Etienne. Il y a aussi
un pub sympa avec de la bonne bière bretonne (cervoise, bière
de blé noir).
- En été il y a les mardis de Morgat, concert gratui de
bonne musique face à la plage er... irish coffee.
|
Eric Rolland est un artiste touche-à-tout. Curieux de travailler
sur tout support, cet Arlésien de 45 ans a exposé ses toiles
lors de plusieurs festivals d'art contemporain. Ses oeuvres, baignées
de lumière, l'ont également inspiré dans son travail
d'éclairagiste; il est notamment l'auteur de la mise en lumière
permanente de la Primatiale Saint-Trophime d'Arles, classée au
patrimoine mondial de l'Unesco.
Dessinateur averti, et poète à ses heures perdues, Eric
Rolland s'est déjà fendu de 9 livres pour la jeunesse. Depuis
1987, avec sa famille, il passe régulièrement ses vacances
dans le village de Rostudel, en Bretagne, aux confins du Finistère.
C'est «un village au bout de la terre, le dernier de la presqu'île
de Crozon, dans la dernière maison, avant l'océan.» Il propose
un voyage poétique et imagé de ce lieu qui abrite la maison
«où se couche le soleil».
|
|
A Jeannet
A Pierre, marin pêcheur
Lá bas, le soleil est blanc - lá oú l'océan
jalouse la terre -
Regarde !
Les étoiles marchent sur la lande et la lune sans visage mange
les restes des matins de brume.
Ecoute !
Goûte la lumière des ombres qui s'inversent !
Au bout de la terre, le peuple des pierres droites dessine l'horizon
d'en haut.
Là haut, on marche sur le ciel et la mer chavire les nuages
paresseux.
A Rostudel, les maisons s'abaissent vers la terre... et le
temps change pour oublier l'immuable.
|
|
J'ai voyagé sur le sable doux, écorce des falaises, antique
rempart de la ville d'Ys.
En mer d'Iroise, de Douarnenez à la Pointe St Matthieu, la langue
des phares m'a raconté la ville engloutie.
Au Cap de la Chèvre j'ai compris que le soleil s'enfonce dans
la terre pour caresser l'os de l'âme...
et j'ai écrit le paysage d'un trait d'encre parce que la pierre
noire brille en pleine lumière.
Viens voir !
Dans la presqu'île, les hommes chantent les rêves qui s'enfuient
à la première lueur, des rêves chargés d'histoires
sombres et de légendes dorées.
Sur cette terre océan, on navigue avec des bateaux rongés
par le sel gris des jours sans fin et l'odeur de la pluie couvre la bruyère
du violet et du jaune que le peintre sais voir d'un oeil gourmand.
|
|
Prends !
Le ciel est grand de gauche à droite.
Accroché au bord des lèvres, il murmure le vent d'une
fin terre.
Du haut de la falaise, j'ai entendu l'homme juste, celui qui marche
sur les vagues et embrasse les tempêtes.
Marée ! pourquoi la veuve ne pleure-t-elle pas son marin ?
Sang brun d'une terre généreuse - j'ai partagé
les sucres des baies empruntées à l'épine.
Or jaune des sages - j'ai bu le miel des songes.
Dans l'oeil de goéland, j'ai vu la couleur des origines, le
pays neuf.
Outremer !
|
|
Va !
Va, là où les saisons se confondent, où l'amitié
invente le passé des heures bonnes.
Viens, au foyer de la maison sans porte !
Fées, magiciens, miniatures de tous âges - entrez et racontez
moi encore l'heure bleue des nuits aveugles.
|
|