Lumière et Patrimoine


En considérant la lumière comme l’aspect final de la matière, la relation entre le patrimoine et la lumière apparaît une évidence.

« La lumière n’existe que par la surface qui la réfléchit », cette définition fondamentale confirme aussi son origine.

La construction d’une lumière pérenne pour le patrimoine doit considérer le temps, l’inscription dans le cycle naturel, le jeu des ombres et des lumières.

Il s’agit de composer, avec les trois paramètres principaux - puissance, direction, coloration - des lumières qui prolongent la courbe solaire.

La subtilité des valeurs de la lumière naturelle enseigne l’attitude juste, la recherche d’un état lumière.

L’événementiel autorise tous les éclats de la lumière artificielle, ses effets en deviennent alors des acteurs au-devant de la scène.

Soutenir les particularités architecturales ou décoratives relève aussi d’une volonté d’instrumentaliser le support.

Le rendu souvent anecdotique affirme la théâtralisation de surface.

À la « mise en valeur » - signifiant l’absence de valeur intrinsèque, le besoin d’enluminure ou bien la « mise en lumière » indiquant une carence de lumière propre et qui concède un « habillage » - je préfère la « mise en présence ».

Utiliser la lumière artificielle sur des monuments historiques et participer à la poésie du quotidien demande le geste de l’aquarelliste plutôt que celui du peintre, la transparence plutôt que le recouvrement pour inventer un moment sensible à la beauté de la pierre bâtie.

Qu’elle soit symbolique, dramatisante ou intemporelle, la lumière pour le patrimoine doit privilégier l’œuvre à l’acte de celui qui la met en présence la nuit.

Éric Rolland 2004

 

Chapelle des Trinitaires - Arles
 

Cloître Saint Trophime Cloître Saint Trophime

 

Cloître Saint Trophime